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AGENCE CENTRAFRICAINE DE PRESSE- République Centrafricaine, Bangui
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AGENCE CENTRAFRICAINE DE PRESSE
 
     

Centrafrique: Remettre les sociétés d’Etat et office sur le chemin de l’orthodoxie financière

Depuis trois mois déjà, les conseils d’administration des sociétés d’Etat et offices publics ont été dissouts, suite au constat de déconfiture généralisée dans la gestion des structures. Non content du mode de gestion de ces entités, le Président de la République François Bozizé, a mis en place par décret n°012.005 du 6 février 2012 un conseil spécial de surveillance et de redressement chargé de corriger leurs dérives. Cette réforme, diversement interprétée, a suscité la réaction du Ministre de la Justice et de la moralisation, Firmin Féïndiro, qui a choisi de rompre le silence. Au cours d’une interview qu’il nous a accordée à la fin de la première semaine du mois de mars 2012, il s’est employé à justifier le bien-fondé de la décision officielle.



 Pourquoi le Président de la République Chef de l’Etat a-t-il fait substituer les conseils d’administration des sociétés d’Etat et offices publics par un Comité spécial ?
 
Le Président de la République Chef de l’Etat, au début de l’année 2012, a pris ses responsabilités pour créer un organe spécial dénommé Conseil spécial chargé de la surveillance et du redressement des entreprises et offices publics. Cette décision qui a une portée capitale se justifie par plusieurs raisons. La première raison est que toutes les entreprises publiques centrafricaines ont échoué dans les missions qui leur ont été confiées par l’Etat, tels que la satisfaction des besoins des populations, à travers les activités sectorielles que chacune de ses entreprises mènent. Je citerais le cas de la Société Centrafricaine des Télécommunications (SOCATEL), de la Centrafricaine des Palmier à Huile (CENTRAPALM). Ce sont des exemples phares qui devraient permettre à tout un chacun de l’interventionnisme de l’Etat dans les activités commerciales.

La deuxième raison est que, en dépit de l’échec de ces institutions sur le plan sectoriel des activités à mener, elles sont devenues des vaches à lait pour ceux qui sont appelés à les gérer. Lorsque ces entreprises, réalisent des bénéfices, l’investissement ne suit pas, encore moins de contrat plan ou de business plan. Le budget élaboré par l’entreprise est un budget strictement destiné à la consommation, juste pour liquider les recettes réalisées.

Pour d’autres entreprises, c’est le pilotage complet à vue. Pour certaines de ces entreprises, les réunions qui devraient se tenir semestriellement ou exceptionnellement pour des cas d’urgences, sont réduit au mois. Cela a des conséquences en ce sens qu’il est à l’origine des complicités entre les directeurs des entreprises et les membres de ces conseils d’administration. Par ricochet, ces entreprises ne peuvent pas prospérer.
La troisième raison est que, fort de ce qui a été évoqué, le gouvernement a opté pour redresser les entreprises et offices publics. Et ce sont toutes ces raisons qui justifient la décision prise par le gouvernement, sous la clairvoyance du Président de la République, Chef de l’Etat.
 
Le Président de la République et le gouvernement ont décidé de la suspension des Conseils d’administrations des sociétés d’Etat et Offices publics. Quels est le bilan à ce jour de cette décision ?
 
Le Conseil spécial est à pied d’œuvre et dans son texte créateur, il est prévu qu’il fasse un rapport semestriel qui, normalement, doit être rendu public. Mais l’impression qui se dégage à travers la mise en place de ce conseil est un sentiment de satisfaction. Les réunions de ce conseil ont permis au gouvernement de s’apercevoir des maux qui gangrènent ces sociétés et offices publics. Il y a des entreprises qui accordent des appuis institutionnels à leurs départements de tutelle alors que le budget général de l’Etat prévoit des fonds qui doivent servir au financement des ministères. De tels cas ont été supprimés.

Par ailleurs, il y a des entreprises qui ne pratiquent pas l’orthodoxie financière. Les dépenses sont exécutées sans que les moralités ne soient vérifiées. Certains conseils d’administration ont nommé auprès de ces sociétés et offices publics des contrôleurs financiers afin de vérifier la moralité des dépenses.
A ce jour, ces entreprises ont connu l’effet de la bancarisation. Le Ministre d’Etat aux Finances a été instruit par le conseil des ministres de créer des guichets de banque au sein de ces entreprises-là, afin de bancariser les salaires. Aujourd’hui, ce conseil a pris des décisions fortes visant à bancariser les salaires.

Ces décisions fortes concernent également le redressement de certaines entreprises telles que la SOCATEL, la CENTRAPALM dont la liquidation était programmée par certaines personnalités malintentionnées. CENTRAPALM qui est une société en situation de monopole a connu un déclin progressif tendant à la liquidation même de la société. Et le gouvernement a pris des décisions pour faire redémarrer la machine et rattraper la campagne agricole qui s’annonce déjà.
 
Il semble que certaines entreprises dont il est question ici éprouveraient des difficultés à fonctionner sans leur conseil d’administration. Avez-vous-vous eu vent de cette constat ?
 
Je ne partage pas cet avis. Et si une société se permet aujourd’hui d’affirmer que l’absence du Conseil d’administration l’empêche de fonctionner, cette société n’aurait pas compris l’élan à partir duquel le gouvernement veut avancer.
Le conseil spécial de surveillance des entreprises joue le rôle de conseil d’administration de ces entreprises. Par conséquent, toutes les décisions relatives à la direction, à la gestion, aux orientations sont données par le conseil. Et aucune entreprise n’a pas à déplorer l’absence d’un conseil d’administration qui compromet le fonctionnement de leur institution.
Soyons d’accord que tous les conseils d’administration ont échoué, se focalisant sur les séances de distribution de jetons de présence. Il n’y avait pas de décisions sérieuses qui se prenaient.
 
Combien de temps durera cette suspension du conseil d’administration des sociétés d’Etat et offices publics, Monsieur le Ministre, quand on sait que la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale (CIPRESS) avait déploré le cas de la Caisse nationale de Sécurité Sociale ?
 
La CIPRES n’a pas à s’ingérer dans la gestion interne des entreprises et offices publics qui sont gouvernés par un système juridique dualiste. Nulle part au monde, il n’existe d’entreprise publique qui ne puise pas connaître l’aspect interventionniste de l’Etat. Le CIPRES est une organisation sous régionale à laquelle la République Centrafricaine est partie prenante. La CIPRES doit évoluer dans le cadre des lois ou des textes qui la régissent. Et l’action de l’Etat doit aussi se faire parce que la question de la sécurité sociale est une question d’intérêt public national. L’Etat a le devoir de définir une politique en matière de sécurité sociale, d’assurer la surveillance des entreprises et offices publiques.
 
Pour rappel, le CIPRES s’a pas à s’impliquer dans une affaire dont l’objectif prioritaire visé est de faire renforcer la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale (CNSS). Et ceux qui ont saisi la CIPRES ont été reçus  par le conseil spécial. Ils ont exprimé le souci de voir le Conseil d’administration de cette entreprise reprendre. Mais lorsqu’ils étaient dans ce conseil d’administration, quelle action rigoureuse a-t-elle réalisée ?

Si le conseil spécial n’avait pas siégé, aujourd’hui, la gestion de la CNSS allait être une grande catastrophe. Depuis, ils n’ont pas réalisé des avoir suffisant pour pouvoir favoriser les investissements. En dépit de cela, ils se sont permis de doubler les salaires des agents de cette structure et le conseil d’administration était bien présent lorsque cette décision était prise. Comprenez donc que si les ressources de la caisse devraient provoquer la création d’autres agences afin d’être très proches des populations bénéficiaires, malheureusement, lors de la première réunion du conseil spécial consacré à la CNSS que l’objectif des dirigeants consistait à augmenter leurs salaires et indemnités. Et(le gouvernement ne peut pas laisser une telle situation évoluer.
 
 
L’action de la moralisation est en train de se préparer. C’est sa deuxième phase qui sera visible. J’ai aussi la charge du département de la Justice, qui constitue le socle même de la moralisation. Et pour la Justice, nous sommes en train d’évoluer dans le cadre des recommandations des Etats généraux de la Justice, qui ont déterminé un plan avec plusieurs volets. Il y a des actions de réformes textuelles ; le rétablissement de la discipline dans le corps ; la formation des magistrats et le développement infrastructurels. Ces actions infrastructurels ont reçu l’approbation de la plupart de nos partenaires techniques et financiers, parmi lesquels l’Union Européenne et le Fonds de consolidation de la paix qui nous ont permis aujourd’hui d’amorcer la construction de plusieurs ouvrages judiciaires et pénitentiaires.
 
Sur le plan textuel, nous sommes en train de redynamiser tous les textes de base de la Justice afin de pouvoir les réadapter dans le contexte même de l’indépendance judiciaire. Et à cela s’ajoute la réforme du système pénitentiaire. Et pour cela, à la fin de l’année dernière, l’Assemblée nationale avait adopté à ce propos un projet de loi sur la refonte du système pénitentiaire qui envisage la démilitarisation de ce secteur, pour l’adapter aux normes internationales.
Pour terminer, les actions infrastructurelles que nous menons aujourd’hui se font dans les normes qui sont prévues par les règles minima concernant les personnes qui sont privées de liberté.
 
A vous entendre parler, cela donne à penser que vous avez les moyens de votre politique.
 
Le premier moyen de la politique c’est la volonté. En plus de cela, il faut rechercher les financements. Et nos demandes reçoivent une approbation auprès des partenaires qui nous appuient.
 
Merci Monsieur le Ministre pour votre disponibilité.


 
 
 

Mardi 20 Mars 2012
Propos recueillis par Alain-Patrick MAMADOU

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Marcellin NGONDA /Acap | 17/02/2021 | 150 vues
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