Le préservatif bientôt en campagne en Centrafrique

La maîtrise du port et de l’utilisation correcte du préservatif masculin demeure une préoccupation en République Centrafricaine. Pour ce faire, le distributeur agréé de ce produit, l’Association centrafricaine pour le marketing social (ACAMS) envisage d’organiser à partir du 10 octobre prochain une campagne de sensibilisation y relative dénommée « Pincez Déroulez » en faveur des femmes.



Selon les organisateurs, le lancement de cette campagne est très important. Car les résultats d’une enquête menée après la première campagne réalisée en 2005 sous le même slogan ont montré « des écarts significatifs entre la déclaration, la description et la démonstration du port correct du préservatif au sein des populations ciblées » que sont les filles libres, les militaires, les transporteurs et la population rurale. Selon les résultats de l’enquête susmentionnée, parmi les hommes en tenue, il y a 86,07% de déclaration, 74, 63 % de description et 49, 75% de démonstration. Chez les filles libres, on note 88,26% de déclaration, 66,20% de description et 39,44% de démonstration tandis que chez les femmes, on relève 58,80% de déclaration, 32,60% de description et 37,95% de démonstration.

La même enquête relève également des obstacles d’ordre culturel, social et économique, à l’acceptation et à l’utilisation du préservatif par les femmes. S’agissant des obstacles culturels, on note l’ignorance des conséquences des IST/VIH/sida ainsi que les grossesses non désirées chez les filles, la faible capacité des femmes à négocier le condom avec les hommes surtout hostiles, la honte, le complexe de supériorité de l’homme. Du coté des obstacles sociaux, il y a le multi partenariat des hommes et des femmes, surtout chez les jeunes filles, et l’irresponsabilité auxquels il convient d’ajouter l’absence ou l’insuffisance de dialogue entre les parents et les enfants, ce qui fait que les filles manquent de repère social.
Quant aux obstacles économiques, ils concernent le matérialisme, le suivisme, la pauvreté, etc.

Au vu de ces insuffisances considérables et susceptibles de compromettre la nécessité, l’utilité et l’efficacité du préservatif masculin, Il est apparu nécessaire et urgent, selon ACAMS, d’organiser une deuxième campagne en faveur du condom masculin ayant pour cible principale les femmes et visant un double objectif, à savoir le renforcement et la vulgarisation des connaissances relatives à l’utilisation correcte du condom masculin auprès du public féminin et l’incitation à la négociation du préservatif au sein des couples. La faible capacité des femmes à négocier et à convaincre les hommes hostiles est en effet apparu comme l’un des principaux obstacles à l’utilisation correcte du préservatif masculin.

La population centrafricaine en générale et les femmes en particulier devraient accorder une attention particulière à cette deuxième campagne « Pincez Déroulez » car l’utilisation correcte des préservatifs demeure l’une des méthodes réputées les plus sûres pour lutter contre les infections sexuellement transmissibles (IST), le VIH Sida et les grossesses non désirées.

Aujourd’hui, la multiplication depuis quelque temps du nombre des enfants de la rue ainsi que celle des cas d’abandon ou de meurtres d’enfants issus de grossesses non désirées sont autant d’éléments qui prouvent que les femmes centrafricaines, et surtout les jeunes filles, méconnaissent l’utilité des préservatifs, d’une part, et ignorent d’autre part, les règles élémentaires du port et de l’utilisation correcte de ce produit qui permet de garantir la santé.

Après cette campagne « Pincez Déroulez » en faveur des femmes, une autre sera lancée le 19 octobre prochain en faveur du préservatif féminin, produit nouveau et censé conforter la position des femmes dans la négociation du condom.
Les femmes sont appelées à se préparer pour le recevoir.


Vendredi 5 Octobre 2007
J. Soupou/ACAP
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