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AGENCE CENTRAFRICAINE DE PRESSE- République Centrafricaine, Bangui
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AGENCE CENTRAFRICAINE DE PRESSE
     

LIBRE OPINION : AU TRAVAIL DANS L’ORDRE ET LA DIGNITE

Regardez autour de vous, Centrafricains, et vous verrez comment vous devez vivre ici sur terre. Il n’est pas difficile de reconnaitre les Lois originelles, pour peu que vous vous efforciez d’observer comme il se doit tout ce qui se passe autour de vous.



L’Action, ce que je définis ici comme étant le travail est dans la création entière une loi fondamentale ; or, c’est précisément cette loi qui est méprisée, et de plus mal appliquée dans le pays de BOGANDA.
Tout n’a pu prendre forme que par le travail. Les cinq verbes chers à BOGANDA, « loger, nourrir, soigner, vêtir et instruire », deviendront réalité que par le travail. C’est pourquoi, le travail, le travail incessant, garanti le maintien et l’assainissement de tout ce qui se trouve dans la création. Le Centrafricain, ne saurait être considéré comme une exception et, au milieu de ce mouvement vivifiant, il ne peut être le seul parmi les créatures à rester en dehors ou à suivre ses propres voies sans se porter préjudice à lui-même.
Le but recherché actuellement par l’intellect de tant de fils de ce pays est la vie facile. Pouvoir passer les dernières années de sa vie terrestre dans le confort, voilà qui constitue pour bien des gens le couronnement de leur activité ; et le chemin le plus court est la politique. Cependant, c’est un poison auquel l’homme aspire, et c’est le commencement de sa fin qu’il prépare ainsi !
Sans doute vous est-il arrivé, à l’occasion d’un décès, d’entendre souvent des regrets tels que : « il n’a pas su jouir de son travail. Il y a à peine un an qu’il a pris sa retraite ! etc… » De telles remarques sont fréquentes, peu importe qu’il s’agisse d’hommes d’affaires, de fonctionnaires ou de militaires. A peine quelqu’un, selon l’expression habituelle, a-t-il « pris » sa retraite que le déclin et la mort ne tardent pas à s’en suivre.
Celui qui observe attentivement son entourage apprend beaucoup de choses. Il est frappé par le nombre d’exemples de ce genre qui se produisent, si bien qu’il cherche finalement à en trouver la raison précise et à découvrir dans ces faits une loi.
Selon la loi de l’action, celui qui sur terre prend réellement sa retraite, celui qui veut se retirer de toute activité jusqu’à la fin de ses jours, sera rejeté comme un fruit trop mûr. Il doit alors fatalement s’affaiblir et tomber malade. Le dicton selon lequel : « Qui n’avance pas recule » laisse pressentir cette grande loi. Seul le travail garantit l’édification et le maintien de tout ce qui se trouve dans la vie.
Celui qui veut, au sens littéral, se retirer totalement de toute activité ici-bas n’as plus aucun but devant lui et, de ce fait, aucun droit de continuer à vivre dans ce monde, étant donné que lui-même s’est fixé une « fin » par son vouloir. Or, l’action c'est-à-dire le travail, ne connait pas de fin. L’évolution constante dans le travail est une loi ancrée dans la volonté de Dieu, et on ne peut par conséquent jamais l’ignorer sans dommage.
Vous avez certainement remarqué que ceux qui sont tenus de peiner sans répit pour leur substance se portent souvent beaucoup mieux et vivent plus longtemps que ceux qui furent exempts de soucis étant protégés et choyés avec une sollicitude extrême dès leur jeune âge. D’autre part, vous avez également constaté que ceux qui sont élevés dans l’aisance et prodiguent à leur corps toutes sortes de soins, ceux qui vivent sans agitation et confortablement sont marqués plus tôt par les signes extérieurs de l’âge que ceux qui, n’étant pas dotés de biens matériels, doivent constamment passer leur journées à travailler.
Je cite ici à titre d’exemple les cas de vies laborieuses où il n’y a pas d’exagération inutile, celles d’où est absent le désir effréné d’accumuler des richesses matérielles ou de se faire remarquer par n’importe quel moyen, ce qui ne permet jamais à ceux qui travaillent de jouir d’un véritable repos. Celui qui se fait l’esclave d’une passion de ce genre se trouve constamment survolté et, de ce fait, il produit aussi un effet disharmonieux dans la vie. Les conséquences sont les mêmes que chez ceux qui agissent avec atermoiements. Donc, ici encore, quiconque veut vivre comme il se doit, doit emprunter le chemin du juste milieu.
« Quoi que tu fasses, fais-le bien et entièrement ! » Le travail durant le temps de labeur, le repos durant les heures nécessaires à la détente ! Il ne doit pas y avoir de confusion. Le plus grand poison qui vous empêche d’accomplir de façon harmonieuse votre existence en tant qu’êtres humains est la partialité.
Par conséquent, il ne sert à rien à celui qui s’est retiré de tout labeur de faire des promenades régulières pour maintenir son corps et d’entreprendre tout ce qui est humainement possible pour la bonne conservation de ce corps.
Toutefois, le Centrafricain d’aujourd’hui ne sait plus ce que BOGANDA voulait dire dans l’hymne nationale la RCA : la Renaissance, … « Au travail dans l’ordre et la dignité ». Vous aviez remplacé cette orientation par le travail de l’intellect et vous aviez attribué à l’activité de l’intellect une valeur. Tel est donc le coup de grâce qui entraîne votre chute, car vous vous cramponné à ce qui reste dans le pays.
Tel qu’il est pratiqué aujourd’hui, l’intellect est une entrave à l’ascension de ceux qui s’en occupent ; il constitue une stagnation, une régression, mais jamais un progrès menant à l’ascension. A partir des prétendues activités professionnelles, le centrafricain ne peut déployer ses ailes, il ne peut jamais atteindre ce qu’il pourrait réaliser parce que ses ailes sont lamentablement atrophiées et mutilées.
Il n’est d’aucun profit pour le centrafricain d’être le coureur le plus rapide, le boxeur adroit ou le pilote émérite, regardez autour de vous ! Voyez ce qui signifient en réalité vos propres occupations et celles de vos contemporains, voyez quelle en est la valeur et considérez tout ce point de vue. Vous trouverez fort peu de choses dignes d’une véritable humanité dans le comportement du centrafricain. Jusqu’à présent, vos ambitions ont fait de vous des serviteurs inutilisables dans la vigne du Seigneur car vous avez gaspillé votre temps en enfantillages parfaitement inutiles, vous recouvrez les hautes facultés qui reposent en vous des vaines futilités du vouloir intellectuel et vaniteux dont vous devrez vous défaire au moment de votre décès.
Réveillez-vous afin de réaliser pour vous-mêmes une activité ! Vous éviterez ainsi de pénétrer dans l’au-delà en miséreux, comme ce fut le cas jusqu’à présent, alors que des trésors vous sont naturellement donnés à profusion pour votre périple terrestre. Vous ressemblez à des rois qui, tels des enfants, jouent avec leur sceptre et s’imaginant que celui-ci et la couronne suffisent à eux seuls pour être effectivement roi.
Ce que l’homme doit chercher, c’est en premier lieu ce qui sert son évolution, et par là même ce qui sert à promouvoir son développement. Dans tout ce qu’il entreprend, il doit se demander quel intérêt cela comporte pour lui et pour ses semblables. A l’avenir, le centrafricain doit avoir pour seul but de reconnaître et d’occuper le poste qui est le sien en tant qu’homme dans la société !

Mardi 3 Mai 2011
Tita Sanba Solé/ACAP

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