Centrafrique/CEMAC : l'intégration sous-régionale freinée par les entraves à la libre circulation, selon les Centrafricains

Bangui, 14 jan. (ACAP)- Parmi les dossiers soumis à l'examen de la 10ème conférence des chefs d'Etat de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) figure celui relatif à la libre circulation des personnes et des biens censée favoriser l'intégration et promouvoir le développement économique de la sous-région, mais qui, pour le commun des Centrafricains, demeure un vain mot.



Le siège de la Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale (Cemac) à Bangui (Ph. D. Koutou/Acap)
Pour M. Jean-Christophe Mbaïna, professeur de philosophie au lycée de Fatima, le 10ème sommet des chefs d'Etat de la CEMAC ne fait pour l'heure "ni chaud, ni froid aux Centrafricains" en raison des imperfections enregistrées quant à la mise en œuvre des décisions de cette instance, d'ailleurs presque jamais respectées par les services techniques de chaque pays membres de la Communauté.

Selon lui, le Passeport et la carte d'identité CEMAC ne sont pas disponibles tandis que l'axe routier reliant Bangui (Centrafrique) à Douala (Cameroun) est le plus pollué par des multiples barrières douanières et policières illégales qui consistent à rançonner les usagers et les transporteurs, en remettant en cause les textes en vigueur de la communauté.

M. Mbaïna relève cependant que la présence physique des forces de la CEMAC est un point positif car elle permet de stopper les coupeurs de route qui entravent la libre circulation sur les différents axes routiers.

M. Aubin Gbangolo, expert au ministère du commerce, déplore quant à lui l'inexistence de la réciprocité entre les Etats membres de la CEMAC, précisant que la République Centrafricaine ne perçoit pas les mêmes avantages que le Cameroun et le Gabon qui sont des pays côtiers.

Il déplore également le fait que les réformes communautaires ne profitent pas à la République Centrafricaine et que les tarifs préférentiels généralisés des biens et des personnes soient déficitaires.

Journaliste à l’Agence Centrafrique Presse, François Biongo déplore le fait d'avoir dû payer un visa, en juillet 2009 pour entrer à Libreville, au Gabon, où il devait prendre part à un séminaire.

Tirant les conséquences de ces constats, le professeur des sciences économiques, M. Oumarou Yondéi, a souligné la nécessité d'une mise en œuvre effective des principes édictés par la Communauté afin de raffermir et redynamiser l’organisation sous régionale.


Samedi 16 Janvier 2010
Sébastien Lamba/Acap
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